
Les invisibles, édition 2024. Des vies sous contraintes
Pour sa deuxième édition, la fondation Travailler Autrement, en partenariat avec le Diot-Siaci Institute et Temps Commun, analyse les conditions de travail et de vie des travailleurs dits "invisibles" : agents d'entretien, aides à domicile, caristes, aides-soignantes, vigiles, etc. Ces 11 millions de travailleurs, souvent des femmes, font face à de multiples contraintes. Six majeures ont été identifiées et ont tendance à se cumuler : la précarité : "une vie d’arbitrages financiers, parfois au centime près" ; la pénibilité qui entraînent "une vie professionnelle douloureuse et une vie personnelle inexistante" ; la parentalité : "une vie de parents, le plus souvent seuls et isolés socialement" ; la temporalité qui empêchent d’avoir "la maîtrise de son temps" ; la territorialité : "une vie à la mobilité freinée et coûteuse" ; et l’utilité : "une activité utile mais pas reconnue". L'étude pointe que la monoparentalité, souvent subie, agit comme un facteur qui impacte, amplifie et aggrave tous les autres et complexifie le quotidien.
L'étude identifie trois catégories de ces travailleurs invisibles, en fonction de l’intensité ou de l’ordre de priorité de leurs contraintes" : Les "personnes du soin, du lien et de l’éducation", en majorité des salariées "plutôt diplômées", qui représentent 49% des travailleurs invisibles et gagnent 25% de moins que les autres actifs. 35% des travailleurs invisibles sont classifiés dans la famille des "nouvelles populations ouvrières". Majoritairement masculins et "peu diplômés", ils gagnent 20% de moins que les autres actifs en emploi. Les "personnes isolées et fragilisées" cumule le plus les difficultés professionnelles comme personnelles. Elles représentent 16% des travailleurs invisibles : à majorité féminine et "peu diplômée", elles gagnent en moyenne 21% de moins que le reste des travailleurs invisibles et 60% de moins que les autres actifs.