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Devoir faire des choses que l’on désapprouve. Une exploration à partir des données 2012-2013 du dispositif Evrest

Article
Contient : 4 pages ; n°17

Evrest (Évolutions et Relations en santé au Travail) est un observatoire pluriannuel par questionnaire, construit en collaboration par des médecins du travail et des chercheurs, pour pouvoir analyser et suivre différents aspects du travail et de la santé de salariés. Depuis 2011, le dispositif intègre une question sur le fait de «devoir faire des choses que l’on désapprouve».
21% des salariés de l’échantillon Evrest national 2012-2013 ont répondu «Oui tout à fait» (3%) ou «Plutôt oui» (18%) à «devoir faire des choses que vous désapprouvez». Cette proportion varie de 17 % pour les cadres à 25 % pour les ouvriers.
« Devoir faire des choses que l’on désapprouve » apparaît d’abord très lié à des situations de travail où les contraintes de temps sont fortement ressenties. Cela peut s’exprimer par des dificultés importantes liées à la pression temporelle, par des interruptions fréquentes et non prévues qui viennent perturber le travail, par le fait de devoir « traiter trop vite une opération qui demanderait davantage de soin ».
Il apparaît également que les salariés qui ont le sentiment de faire des choses qui sont en con it avec «ce qui compte» pour eux sont ceux qui ont peu de soutien ou encore qui travaillent avec la peur de perdre leur emploi. Ces situations s’accompagnent d’une fréquence accrue de troubles dans le domaine psychique : les salariés qui disent « devoir faire des choses qu’ils désapprouvent » ont une probabilité 1,6 fois plus élevée de cumuler fatigue, troubles du sommeil et anxiété.
Les résultats présentés ici sont issus de l’échantillon national Evrest de 2012-2013, com- posé de 24 903 salariés nés en octobre des années paires. Ils ont été interrogés à l’occasion d’un entretien périodique (ou assimilé), par 895 médecins du travail et/ou infirmiers (ères).