Croissance connectée. Les PME contre-attaquent
Le Conseil national du numérique a été chargé par le Ministère de l'économie d'élaborer un plan d'action national pour la transition numérique des PME, en collaboration avec la Direction générale de entreprises et l'ensemble des partenaires de la transition numérique des PME. Ce rapport du Conseil National du Numérique dresse un premier constat sur l'avancée de la transition numérique dans les PME. Seules 15, 8% des PME françaises, hors microentreprises, vendent en ligne en 2015, ce qui place la France au 13ème rang des pays européens. Ce retard entraîne des pertes de marché considérables et laisse de nombreuses opportunités de croissance inexploitées. Pour Mounir Mahjoubi, Président du CNNum : “Les PME représentent 99% des entreprises françaises. Assurer leur transition numérique, c'est assurer l'avenir de notre économie. Alors qu'elles sont des vecteurs majeurs de croissance, les PME ont trop souvent été oubliées, délaissées par les politiques publiques.”
Pour concevoir son plan d'action, le Conseil propose une démarche innovante. D'abord par son périmètre, limité à un aspect spécifique de la transformation numérique des PME : le commerce connecté, qui consiste à mieux vendre grâce au numérique. “Trop souvent, on a exhorté les PME à se transformer sans toujours leur montrer le chemin.
On constate aujourd'hui que beaucoup de dirigeants de PME ne ressentent pas le besoin d'entamer une transformation numérique, considérée comme chronophage, coûteuse et dont les bénéfices se font parfois attendre. D'où la démarche du CNNum, qui consiste à partir d'un besoin, un objectif partagé par toutes les PME : mieux vendre”, explique Guy Mamou-Mani, Vice-Président du Conseil. L'optimisation des stratégies de commercialisation grâce aux outils numériques constitue ainsi l'approche la plus efficace. “Redéfinir sa stratégie commerciale, s'intégrer dans des écosystèmes plus larges et accélérer ses stratégies d'internationalisation grâce au numérique : c'est tout cela la croissance connectée et nous voulons aider les PME françaises à se saisir de ces opportunités”, résume Mounir Majhoubi. Afin d'explorer cette notion, le Conseil a procédé à une enquête de terrain en interrogeant près de 200 PME et plus d'une cinquantaine d'experts. Grâce aux informations recueillies par les services économiques des ambassades, il a également comparé les politiques publiques de 14 pays. Ces éléments lui ont permis d'établir un premier diagnostic, qui constitue un point d'étape avant la suite de ses travaux.
Cette remise marque le début d'une deuxième phase. Le Conseil a défini 5 pistes de co-construction qu'il s'agit désormais de rendre opérationnelles.