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Vignette document Work Organisation and Workforce Vulnerability to Non-Employment: Evidence from OECD's Survey on Adult Skills (PIAAC). Organisation du travail et vulnérabilité au non-emploi : une étude empirique à partir de l’évaluation des compétences des adultes de l’OCDE (PIAAC)

Work Organisation and Workforce Vulnerability to Non-Employment: Evidence from OECD's Survey on Adult Skills (PIAAC). Organisation du travail et vulnérabilité au non-emploi : une étude empirique à partir de l’évaluation des compétences des adultes de l’OCDE (PIAAC)

Rapport
Contient : 45 pages

La capacité des salariés à se maintenir en emploi ne dépend pas seulement de leurs caractéristiques individuelles. Les formes d’organisation du travail, dans lesquelles ils sont insérés et accumulent de l’expérience, jouent également un rôle fondamental. Or, la plupart des études concernant la vulnérabilité sur le marché du travail s’intéressent aux facteurs du côté de l’offre de travail plutôt qu’à ceux qui prennent leur source au sein des organisations.

Ce document de travail examine la relation entre les formes d’organisation du travail et la vulnérabilité de la main-d’œuvre au non-emploi. La vulnérabilité au non-emploi est définie comme la probabilité d’effectuer une transition de l’emploi vers le non-emploi au cours d’une période d’un an. En utilisant une classification ascendante hiérarchique, cinq formes d’organisation du travail sont identifiées en fonction des tâches effectuées par les salariés sur leur lieu de travail : apprentissage autonome, apprentissage contraint, indépendante, simple et taylorienne.

Une modélisation logistique multiniveaux est ensuite utilisée pour évaluer l’impact de ces formes d’organisation du travail sur la vulnérabilité des salariés au non-emploi. Les résultats montrent un impact significatif de l’organisation du travail sur la vulnérabilité au non-emploi, après avoir tenu compte d’un vaste ensemble de caractéristiques des emplois et des individus. En particulier, les salariés dans des formes d’organisation à apprentissage autonome sont nettement moins vulnérables au non-emploi.

En France, la proportion de salariés en situation d'apprentissage autonome au travail est inférieure à la moyenne générale constatée dans l’ensemble des pays de l’OCDE qui atteint 34%. Ces salariés qui "bénéficient de marges de manœuvre importantes, de capacités à participer à des activités leur permettant d’apprendre des échanges avec leurs collègues et [de] résoudre des problèmes complexes" sont beaucoup plus nombreux dans les pays anglo-saxons ou nordiques : cette forme d’organisation y touche plus de quatre salariés sur dix, voire plus de 50 % au Royaume-Uni et Nouvelle Zélande ». En France, les auteurs identifient une proportion élevée d’organisations du travail de type "indépendant" où les salariés disposent d’une forte autonomie mais sans s’appuyer sur un collectif de travail.

Sont aussi identifiées les politiques et institutions du marché du travail pouvant influencer la probabilité d’effectuer une transition vers le non-emploi en lien avec les différentes formes d’organisation du travail. Les résultats suggèrent que les politiques actives, telles que la formation et l’incitation au maintien de l’emploi ou à la création d’emploi ou de start-up, amplifient l’effet protecteur des formes d’organisation à apprentissage autonome et indépendantes...