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Étude des impacts de l’IA sur le travail

Rapport
LaborIA
05/2024
Contient : 90 pages

Après deux ans d’enquêtes opérées par Matrice (institut d’innovation étudiant notamment les effets sociaux de l’IA), le LaborIA Explorer publie des résultats inédits sur les interactions humain-machine et les enjeux d’appropriation de l’IA dans le monde du travail. Cette étude identifie de manière fine tout un nuancier d’impacts possibles des SIA sur le travail par le truchement d’une enquête approfondie (observation, entretiens) dans les organisations. Les premières études empiriques conduites sur le sujet montrent que les effets des SIA touchent à plusieurs ressorts du bien-être et de l’engagement individuel au travail. L’introduction de l’IA dans les organisations marque le début d’un processus continu d’apprentissage et d’adaptation. Les interactions humain-machine impliquent des périodes d’apprentissage prolongées et incertaines, et les individus doivent non seulement utiliser les systèmes intégrant de l’IA, mais aussi s’engager dans leur entretien, leur amélioration et leur supervision.
Le déploiement des systèmes d’IA soulève des tensions entre la logique gestionnaire des concepteurs ou des décideurs et la logique du travail réel des salariés. Les premiers visent à optimiser les process et la productivité, tandis que les seconds s’interrogent sur la reconnaissance, l’autonomie et le sens de leur travail face à ces changements. Ce "conflit de rationalité" peut mener à des situations difficiles pour les personnes qui travaillent, s’il n’est pas résolu par un compromis entre les parties prenantes. A l’inverse, un compromis réussi peut conduire à des configurations dites "capacitantes".
L’arrivée de l’IA reconfigure les rôles professionnels, les compétences requises et le management. Les observations menées font notamment apparaître des questionnements autour du rôle de manager intermédiaire ou encore du risque de polarisation du travail. De manière réciproque, l’organisation du travail influence l’adoption et l’utilisation de l’IA. Des structures hiérarchiques et centralisées vont intégrer l’IA différemment des environnements plus autonomes. Enfin, des recommandations sont formulées pour outiller le dialogue social et technologique en faveur de l’intégration dite capacitante des systèmes d’IA dans le monde du travail.