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Vignette document Formes d'organisation du travail et relations de travail

La recherche présentée dans ce rapport propose d'analyser, à partir de l'enquête Réponse 2004-2005, les relations qui lient les nouvelles formes d'organisation du travail avec les modes de gestion de main-d'oeuvre, les régimes de relations professionnelles et le passage aux 35 heures.
Dans la première partie, l'étude met en évidence quatre classes bien distinctes d'organisation qui se rattachent à des modèles types couramment mentionnés dans la littérature : les organisations apprenantes, les organisations en "lean production", les organisations tayloriennes et les organisations de structure simple. Cette typologie montre que le clivage entre formes tayloriennes et post-tayloriennes est très insuffisant pour rendre compte de la diversité des configurations observées.
La deuxième partie étudie les déterminants structurels des formes d’organisation. Elle examine successivement les structures productives, les environnements de marché, les régimes d’activité et les structures socio-démographiques de la main-d’oeuvre. Elle permet de mettre en évidence les spécificités sectorielles des formes d’organisation du travail. Les formes apprenantes sont caractéristiques des secteurs des services et de la construction. Les établissements sont plus souvent anciens, avec une forte proportion de cadres et professions intermédiaires, une proportion moyenne de femmes parmi les salariés et ont plus souvent une activité facile à prévoir. Les formes en lean production sont caractéristiques de l’industrie. Les établissements où ces formes prédominent interviennent davantage sur des marchés internationaux. Leur stratégie concurrentielle est plus souvent basée sur l’innovation que sur les prix. Ils ont plus souvent des proportions moyennes de cadres et professions intermédiaires. Les formes tayloriennes sont caractéristiques de l’industrie, mais cette distinction sectorielle n’apparaît pas significative. Les établissements de ces formes sont plus souvent de taille moyenne et appartiennent à des entreprises dont le chiffre d’affaires est d’importance moyenne. Ils sont caractérisés par de faibles proportions de cadres et professions intermédiaires et par une main-d’oeuvre relativement peu féminine. Les formes simples sont caractéristiques des secteurs de la construction, des transports et des autres activités de services (sauf l’éducation, la santé, les services sociaux et l’administration). Leur main-d’oeuvre est composée de peu de cadres et professions intermédiaires, de beaucoup de jeunes et de relativement peu de femmes.
Au vu des résultats de l'étude, les nouvelles formes d’organisation du travail combinent diverses pratiques spécifiques de gestion de l’emploi et des ressources humaines, qui se distinguent à bien des égards de celles mises en oeuvre dans les établissements de formes tayloriennes. Notamment, en matière de gestion de l’emploi, les organisations apprenantes ou en lean production, recourent, toutes choses égales par ailleurs, significativement moins aux CDD, mais davantage à la sous-traitance, que le font les établissements des formes tayloriennes, ce qui peut correspondre à des logiques de désengagement vis-à-vis de la main-d’oeuvre la moins qualifiée, permettant alors une plus grande protection de leurs salariés en interne. En matière de dépenses de formation, les deux formes se distinguent aussi nettement des formes tayloriennes par des pratiques plus généreuses.

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