6 /  11
Vignette document L'évolution des conditions d'activité des femmes : une comparaison France-Japon

L'évolution des conditions d'activité des femmes : une comparaison France-Japon

Rapport
Céreq
06/2012
Numéro collection : 93
Contient : 30 pages

Ce document analyse les facteurs qui pèsent sur l’activité des femmes en France et au Japon, sur la période 1992-2007. Sous l'effet de réformes en matière de politique familiale, les conditions d’activité des femmes japonaises tendent à se rapprochent peu à peu de celles des femmes françaises. Les décisions d’offre de travail des femmes en France sont assez imperméables au revenu de leur conjoint, alors que cette sensibilité est bien plus marquée au Japon bien qu’elle tende à s’émousser sur la période étudiée. Sur le plan familial, la pénalité dominante pour l’activité des femmes au Japon vient de la présence d’un enfant en bas âge (moins de 3 ans), alors que les françaises sont plus handicapées par le nombre d’enfants. Ceci traduit le sous-équipement collectif persistant au Japon en faveur de la prime-enfance et reflète une division des tâches encore très traditionnelle au sein des couples japonais. Par exemple, selon une récente enquête de comparaison internationale sur la répartition des temps sociaux, le temps consacré aux tâches domestiques par les japonais reste extrêmement faible : 3, 1 heures par semaine contre 18 heures pour leurs femmes. En France, ces durées moyennes sont respectivement de 5, 0 et 12, 9 heures (Rengo-soken 2009). La forte implication des femmes japonaises dans la vie domestique et familiale limite d’autant leur disponibilité pour mener une vie professionnelle à plein temps et faire carrière, surtout compte tenu des longs horaires professionnels de leurs conjoints.
Si un mouvement de convergence entre ces deux sociétés semble à l’oeuvre au regard du rapport à l’activité professionnelle des femmes, à mesure que les aspirations à l’autonomie financière et à l’émancipation familiale s’expriment parmi les femmes japonaises dans les cohortes les plus récentes, il est encore timide. Malgré les efforts des pouvoirs publics pour donner des droits et mettre en place les conditions matérielles pour aider à la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale et l’évolution de la réglementation du travail vers plus d’équité, la place des femmes sur le marché du travail demeure inversement proportionnelle au rôle majeur qu’elles continuent de tenir dans la gestion de la sphère privée.

SUGGESTIONS

Du même auteur