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Vignette document Organiser la prévention des TMS et RPS : proximités et différences, une réflexion à partir des pratiques d'entreprises. Troisième congrès francophone sur les troubles musculosquelettiques (TMS) : échanges et pratiques sur la prévention, Grenoble, 26-27 mai 2011

Organiser la prévention des TMS et RPS : proximités et différences, une réflexion à partir des pratiques d'entreprises. Troisième congrès francophone sur les troubles musculosquelettiques (TMS) : échanges et pratiques sur la prévention, Grenoble, 26-27 mai 2011

Colloque
Editions de l'Anact
05/2011
Contient : 7 pages

En France, si la question des risques psychosociaux (RPS) a émergé avec retard par rapport à d'autres pays européens, elle a surgi brutalement dans l'actualité à l'occasion d'évènements dramatiques survenus en entreprise, tels que des suicides. Poussés par les pouvoirs publics, les partenaires sociaux et les acteurs d'entreprise en ont fait rapidement un sujet prioritaire, en s'appuyant notamment sur l'accord européen sur le stress traduit, en juillet 2008, par un accord national. Dans un premier temps, cet " engouement " pour les RPS a paru occulter toutes les autres préoccupations de santé au travail, en particulier les TMS représentant pourtant la majorité des maladies professionnelles. Nous avons globalement constaté, dans les demandes d'entreprises, une approche scindée des questions de santé au travail, entre celles relatives à la santé physique et celles relatives à la santé mentale. Ainsi, peu de liens étaient faits entre les pathologies ou les modes d'actions en prévention alors que les éléments de proximité sont nombreux entre les TMS et les RPS.
Les demandes d'accompagnement des entreprises faites au réseau Anact sur les RPS présentaient beaucoup de similitudes avec celles qui étaient régulièrement faites sur les TMS :
- Des conditions d'émergence tardives : situations de crise, pathologies en grand nombre... qui rendent souvent démunis les acteurs,
- Des représentations partielles de la santé du personnel : dominante de causes perçues dans la sphère individuelle et hors travail...
- Un souci d'objectivation : causes et effets multiples, sans lien univoque, et souvent à effet différé ; difficultés d'objectivation des pathologies...
- Une approche de la prévention restreinte : tentation de gérer la prévention en ciblant des actions sur les individus, liens avec l'organisation peu appréhendés, difficultés d'évaluer les effets des actions, précarité des résultats...

Pour autant, le sujet des RPS a présenté d'emblée, dans les stratégies des entreprises, des spécificités qui peuvent expliquer pourquoi la préoccupation RPS a pu être longtemps exclusive de la préoccupation TMS :
- Une mobilisation majoritaire des activités de service sur les RPS, pour lesquelles les TMS semblent moins prioritaires,
- Une reprise en main du sujet RPS par des acteurs des Ressources Humaines, au détriment des acteurs habituels de la santé au travail,
- La dimension " psychosociale " en elle-même qui exacerbe la complexité de la prévention. Aujourd'hui, avec la montée de la préoccupation RPS dans tous les secteurs d'activités, notamment industriels, avec la réglementation de l'évaluation des risques ainsi qu'à travers l'actualité sur la " pénibilité ", cette dichotomie " TMS-RPS " commence à s'effacer. Des pratiques d'entreprises semblent évoluer vers une vue enfin cohérente de la santé au travail, interrogeant, quel que soit le sujet, les formes d'organisation du travail qui permettent de dégager ou non des marges de manoeuvre dans l'activité et de construire du sens dans les gestes professionnels.

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