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Congé parental et carrière professionnelle des mères - Enquête auprès de 3000 femmes ayant au moins deux enfants et le dernier né en 1998

Article
DOSSIERS D'ÉTUDES (Revue)
12/2011

Cette enquête menée par le Credoc approfondit la connaissance des mères ayant pris un congé parental d’éducation, à temps plein ou à temps partiel. Leur parcours professionnel est notamment analysé au regard de leurs caractéristiques socio-économiques et professionnelles et de celles de leur conjoint. Il est également mis en perspective avec le parcours des mères éligibles n’ayant pas pris de congé parental, de leurs caractéristiques et de celles de leur conjoint.
Afin de reconstruire des parcours professionnels, le Credoc crée une typologie à partir de la situation professionnelle des mères en 2010, de celle à la reprise suivant la naissance du dernier enfant (entre 1998 et 2001) et des changements d’entreprise, d’emploi, de statut et de rémunération sur cette période.
Cinq trajectoires sont alors distinguées. Les inactives continues (8%) n’ont pas travaillé depuis la naissance de leur dernier enfant en 1998 ; les deux tiers d’entre elles étaient déjà inactives avant cette naissance, voire au moment de la naissance de l’aîné (plus de la moitié des mères de ce groupe sont dans ce cas). Les précaires (24%) ont toutes travaillé depuis 1998, plus ou moins longtemps, de manière plus ou moins continue ; elles sont toutefois, au moment de l’enquête (parfois déjà antérieurement), plus souvent au chômage ou en contrat temporaire que les autres mères actives. La trajectoire des mères du troisième groupe (11%) est considérée comme descendante soit parce qu’elles ont quitté un emploi stable pour le chômage ou l’inactivité, soit parce que celles qui ont changé d’emploi depuis 1998 estiment, davantage que les autres, que cela s’est accompagné d’un statut inférieur ou d’une baisse de salaire. Les actives continues stables (33%) ont toutes travaillé depuis la naissance de leur dernier enfant, sans interruption pour presque toutes, très majoritairement au même poste ou, lorsque ce n’est pas le cas, à un poste équivalent en responsabilité et rémunération. Enfin, les actives continues ascendantes (24%) se distinguent principalement des mères du groupe précédent en ayant plus fréquemment changé d’employeur ou de poste (parfois plusieurs fois depuis la reprise liée à la dernière naissance), changement correspondant le plus souvent à un statut ou une rémunération supérieurs.L’analyse se poursuit par l’étude des liens entre interruption d’activité et trajectoire professionnelle. L’interruption d’activité s’accompagne d’effets négatifs sur la trajectoire des mères, même à long terme. On découvre aussi que cet effet varie selon la nature et la durée de l’interruption : s’arrêter en-dehors d’un congé parental (c’est-à-dire du dispositif légal garantissant le retour à l’emploi dans les trois ans suivant l’interruption) ou pendant trois ans ou plus augmentent les risques que les mères soient ensuite inactives ou qu’elles connaissent une trajectoire précaire.