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Vignette document Psychopathologie du travail et organisation réelle du travail dans une industrie de process. Rapport d'enquête

Psychopathologie du travail et organisation réelle du travail dans une industrie de process. Rapport d'enquête

Rapport
Contient : 50 pages

La présente enquête, réalisée dans le cadre du département Homme, Travail et Technologies du M.R.T., a été initiée à la demande d'une unité de maintenance d'un Centre de production nucléaire. La demande portait sur l'analyse de la souffrance des agents de cette unité, qui avait été exprimée en termes suffisamment éloquents et insistants pour être entendue, notamment par un des médecins du travail, psychiatre de formation, qui prit la décision de témoigner de cette parole de souffrance et d'en référer au CHSCT.
La méthode adoptée par les chercheurs procède en 3 temps : pré-enquête et élaboration de la demande, enquête proprement dite, et restitution. Ces étapes sont présentées successivement dans cerapport, suivies de 2 chapitres : les implications théoriques, et les conséquences à distance de l'enquête.
En conclusion : les auteurs de l'enquête purent repérer et valider, dans cette industrie, des procédures défensives, tant de lapart des opérateurs que de l'encadrement, pour lutter contre des phénomènes d'appréhension, sinon de peur, de l'incident ou de l'accident (non pas tant de ses conséquences physiques que par rapport au problème des responsabilités). Celamontre bien que le processus de production n'est pas totalement maîtrisé et que l'organisation prescrite du travail laisse des zones d'ombre qui suscitent cette appréhension. Cette réalité étant désavouée, les procédures défensives sesont radicalisées, provoquant, côté encadrement, la construction d'une "psychologie spontanée péjorative", et, côté opérateurs de base, la tactique du secret, et la construction de particularismes d'équipes, cimentées par la référence aux "ennemis communs". En d'autres termes, ce sont les fondations même de la communication, de la discussion, et de la négociation de l'organisation réelle du travail qui se trouvaient sapées. Car, à ce stade de raidissement des postureset des "idéologies défensives de métiers", ni la souffrance, ni la réalité de l'organisation du travail, ni surtout le lien d'interdépendance entre ces deux dimensions ne pouvaient plus être reconnus...

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