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Vignette document Construire des espaces de coopération pour l’emploi, la formation et le développement économique

Construire des espaces de coopération pour l’emploi, la formation et le développement économique

Rapport
Céreq, Institut national du travail, de l'emploi et de la formation professionnelle
12/2017
Contient : 122 pages

Les auteurs décrivent les mutations du travail mondialisé à l’ère du digital et leur conséquences sur les territoires. Le numérique est partout. Les objets connectés et le big data façonnent l’avenir. L’industrie se transforme au profit d’une imbrication industrie/service. La chaîne de valeur s’intègre, on veut savoir tout faire à nouveau. On relocalise les activités en profitant de la proximité qui autorise la confiance et la coopération. Les « makers » sont à l’oeuvre. C’est l’ère du Faire. De nouveaux services apparaissent fondés sur le partage, la durabilité, la participation du consommateur.
Plus pessimiste peut-être, le constat des mutations du travail. Le travail précaire s’étend sur toutes ses formes : travail indépendant, travail pauvre, travail nomade... Le travail se déconnecte de l’emploi. Des formes innovantes tentent de résister. L’entreprise libérée vise à se séparer des procédures inutiles. La formation professionnelle réhabilite la notion de métier.
Comment construire de nouveaux espaces de coopération pour améliorer l’emploi, la formation professionnelle et le développement économique ? Face à la pression de la numérisation de l’économie, à la dégradation du modèle classique de l’emploi, à des inégalités de moins en moins supportables, l’échelon territorial apparaît encore plus pertinent pour suivre et coordonner les politiques de l’emploi, de la formation professionnelle et du développement économique. Les auteurs montrent que le lieu privilégié de la coopération, c’est le territoire et l’entreprise.
Dans l’entreprise, c’est le moyen de booster l’innovation, de résister à l’hégémonie du marché, de redonner du sens au travail (revenir à « l’oeuvre ») comme le montrent « Favi », entreprise libérée sans hiérarchie ou « Ambiance bois », entreprise 100 % coopérative. Dans le territoire, c’est le moyen de limiter la concurrence entre acteurs publics, de rendre la décentralisation efficace.
L’Allemagne, vue de la Bavière, donne l’exemple des résultats de relations efficaces entre partenaires sociaux : soumises à des règles strictes et inscrites dans le temps long.
En France, la loi « formation professionnelle » introduit le cadre d’une gouvernance quadripartite en laissant la possibilité de coordinations diverses adaptées à la diversité des territoires. Des expérimentations comme celle de « Territoire 0 chômeurs de longue durée » de ATD Quart monde permettent de tester des approches plus pragmatiques.