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Vignette document Sous le vernis, des professionnels de la beauté en danger (dossier)

Sous le vernis, des professionnels de la beauté en danger (dossier)

Article
Hesamag
06/2018
Contient : p. 10-38 ; numéro 17

Parce qu'ils doivent nous apporter du bien-être ou au moins améliorer notre apparence physique, les professionnels de la beauté sont rarement considérés comme des travailleurs à risques en matière de sécurité et de santé.
Le fait qu'ils se doivent de donner une image en accord avec les canons imposés par la société en termes de beauté, de santé et de jeunesse constitue un obstacle supplémentaire à la mise en visibilité des conditions de travail et d'emploi bien moins reluisantes que le papier glacé des magazines qui en font la promotion.
"Ceux qui prennent soin du corps des autres le font au détriment de leur propre santé", observe très justement la journaliste espagnole Berta Chulvi dans un article de ce dossier consacré une ex-monitrice d'un centre de fitness (p.28).
Très rares sont les travailleurs - qui sont surtout des travailleuses - de la beauté à échapper aux troubles musculosquelettiques. L'usage quotidien de produits cosmétiques contenant des molécules chimiques allergisantes ou irritantes pour la peau provoque d'autres problèmes de santé, qui contraignent souvent les salariés à stopper prématurément le métier pour lequel ils ont été formés.
Le problème est particulièrement aigu dans les activités de manucure. Ces dernières années, la mode des ongles artificiels s'est diffusée un peu partout dans les pays industrialisés. Des salons de manucure à bas prix ont littéralement envahi certains quartiers des grandes villes. Des produits chimiques toxiques, notamment des solvants, y sont employés (articles p. 16 et p. 33).
Les coiffeurs sont également concernés par des pathologies liées à l'utilisation de cosmétiques dans des conditions défavorables (humidité, chaleur, manque d'aération, etc.). Conscients que ces problèmes constituent, à côté des salaires souvent modestes, un des principaux facteurs expliquant le turnover important dans ce secteur, l'organisation patronale de la coiffure a accepté de conclure avec la fédération syndicale du secteur un accord-cadre européen pour améliorer la sécurité et la protection de la santé dans les salons de coiffure. Alors que les partenaires sociaux européens souhaitent que cet accord soit transformé en directive, la Commission européenne s'y oppose avec fermeté (p. 12).
La législation européenne réglementant la commercialisation des produits cosmétiques protège avant tout les consommateurs, qui utilisent ces produits au réveil ou le soir avant d'aller se coucher, mais beaucoup moins les professionnels qui les manipulent au moins une trentaine d'heures par semaine (p.24).

Sommaire :

- Santé des coiffeurs : les dessous d'un (dés)accord
- Prothésiste ongulaire : lorsque beauté ne rime pas avec santé
- Règlement européen sur les cosmétiques : les consommateurs mieux protégés que les coiffeurs
- Ruiner sa santé dans une salle de gym : les instructeurs face à la précarité
- Manucure à 10 $ ? Le revers de la médaille
- "J'adore que les gens me racontent leur vie"

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