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Vignette document Disparités d'exposition aux facteurs de pénibilité en milieu professionnel et inégalités sociales de santé

Grâce à l’exploitation parallèle de deux enquêtes, Conditions de travail et risques Psychosociaux (CT-RPS 2005, 2013, 2016) et Surveillance médicale des expositions des salariés aux risques professionnels (Sumer 2003, 2010, 2016-2017), les auteurs construisent une cartographie des populations exposées aux facteurs de pénibilité et explorent de façon approfondie les inégalités en termes d’exposition aux risques professionnels et leur évolution au cours du temps. Ils analysent également les inégalités sociales de santé qui en découlent et interrogent le lien entre expositions et multi-expositions aux risques professionnels, état de santé dégradé et recours aux arrêts maladie.
A partir de l’enquête SUMER, les auteurs estiment que 10,7 millions étaient concernés par des contraintes physiques marquées, 4,1 millions par un environnement agressif et 4,8 millions par des rythmes de travail atypiques. Il existe des emplois et des profils de salariés qui ont tendance à cumuler les différents facteurs de pénibilité. Il s’agit notamment des ouvriers, des travailleurs de nuit et des travailleurs en équipes alternantes ainsi que les travailleurs les plus jeunes. En revanche, les salariés des grandes entreprises (500 salariés ou plus) semblent en général plus épargnés. La proportion de salariés exposés à au moins un facteur de pénibilité considéré a diminué entre 2010 et 2017, pour revenir à celle qui prévalait en 2003. Ce sont surtout les expositions aux bruits nocifs, aux nuisances thermiques, aux agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction (CMR) et à la manutention répétée de charges qui ont diminué au cours de la période.
il ressort que les femmes ont, toutes choses étant égales par ailleurs (c’est-à-dire notamment à types d’emploi et secteurs contrôlés), une probabilité plus élevée d’être exposées à des postures pénibles, alors que les hommes sont davantage exposés au port de charges lourdes, aux vibrations, aux bruits nocifs, au froid et aux agents chimiques CMR.
Parmi les facteurs nourrissant les inégalités sociales de santé, les conditions de travail et la pénibilité associée sont prépondérantes. Il existe une association forte entre expositions aux contraintes physiques marquées et risques d’état de santé altéré, de recours aux arrêts maladie et de survenue d’accident du travail (plutôt bénins), mais aussi entre expositions à un environnement physique agressif et risques d’état de santé altéré et accidents du travail.