Mesurer la qualité de l’emploi : un enjeu de bien-être et de compétitivité
Depuis plusieurs années, la qualité de l’emploi s’impose dans le débat public. Contribuant au bien-être des salariés, à l’attractivité des emplois mais aussi aux capacités productives des entreprises, elle devient un enjeu de politique économique dont les pouvoirs publics doivent s’emparer. En 2023, Vincent Donne (HCSP) et Christine Erhel (CNAM, LIRSA, CEET) se sont employés à documenter la qualité des emplois à l’échelle des métiers, en mobilisant une série d’indicateurs couvrant plusieurs dimensions. Cet état des lieux constitue un socle de référence sur lequel il faut à présent bâtir, d’autant que la France occupe une position relativement défavorable par rapport à d’autres pays européens en matière de qualité de l’emploi, s’agissant notamment d’exposition aux risques physiques ou d’organisation et d’environnement du travail.
Un travail de recensement rapide dans trois pays – États-Unis, Royaume-Uni et Allemagne – révèle combien il est nécessaire pour la France de se doter d’un index synthétique capable de rendre compte aux citoyens et aux acteurs économiques des différentes dimensions de la qualité de l’emploi : conditions de travail, sécurité et stabilité de l’emploi, conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle, perspectives de carrière, participation et représentation collective, rémunérations. C’est pourquoi nous défendons ici l’idée de créer une mission d’observation – réunissant administrations, partenaires sociaux et universitaires – qui se donnerait pour objectif de construire rapidement cet index de qualité de l’emploi. Un tel outil offrirait à la fois un cadre commun objectivé et un outil de pilotage des politiques publiques pour favoriser la satisfaction au travail et la compétitivité des entreprises.