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Vignette document Les  RPS au regard du genre. Étude pour le compte de l'Anact à partir des enquêtes SIP et SUMER (rapport final)

Les RPS au regard du genre. Étude pour le compte de l'Anact à partir des enquêtes SIP et SUMER (rapport final)

Rapport
Contient : 83 pages

Les interactions entre travail et santé ont longtemps été étudiées uniquement au masculin neutre. Sur la base des enquêtes SUMER et SIP, les auteurs, chercheurs du LEST, ont examiné ce que l'approche statistique permet d'établir et de préciser sur les liens entre l'exposition aux facteurs psychosociaux, le genre, et la santé mentale. Cette étude expose les principaux résultats des exploitations des enquêtes SIP et SUMER dans une analyse sexuée.
L’enquête SIP 2006 renseigne sur l’état de santé mentale et la situation au regard de l’activité professionnelle, la situation de famille, le sentiment de sécurité de l’emploi et du sexe. Elle met notamment en évidence que l’état de santé mentale des femmes apparaît relativement dégradé comparativement à celui des hommes, quelle que soit la situation au regard de l’activité. Néanmoins, être en emploi est facteur de santé et de santé mentale pour les hommes et les femmes.

L’enquête SUMER 2003 (voir focus) établit que la probabilité des femmes d’être exposées à la tension au travail combinant une faible latitude décisionnelle et une forte demande psychologique au sens du modèle des risques psychosociaux de Karasek est supérieur à celle des hommes. Cette tendance de « surexposition » des femmes aux RPS par rapport aux hommes est confirmée par les résultats de l’enquête SUMER 2010, qui enregistre néanmoins un recul de cette surexposition sur la période.

Selon l’enquête SUMER 2010, l’exposition aux RPS est plus forte dans les catégories d’employés et d’ouvriers que dans celles de cadres et de professions intermédiaires. La « surexposition » des femmes aux RPS par rapport aux hommes se vérifie dans toutes les catégories socioprofessionnelles, même si elle est un peu moins marquée dans la catégorie des employé-e-s et de cadres.

Ce sont les catégories socioprofessionnelles à prédominance féminine les moins qualifiées ? ouvrières, employées, agents de maîtrise ? cumulent le plus systématiquement les indicateurs de santé mentale dégradée et les indicateurs synthétiques d’exposition aux RPS les plus élevés (enquête SUMER 2010).

le rapport met en évidence que les familles professionnelles à prédominance féminine sont souvent surexposées aux RPS et ont une santé mentale fragilisée.

Cette étude confirme, après d’autres études, que les femmes tendent à être plus exposées aux RPS et en état de santé mentale plus fragile que les hommes. A contrario, les professions à bonne santé mentale?sont majoritairement masculines. Cependant, le lien entre genre et santé mentale n’est pas systématique.

Les auteurs invitent à la prudence de l’interprétation des résultats des enquêtes. Ils précisent que si les femmes sont surexposées aux RPS, certaines dimensions de leurs conditions de travail et/ou de leurs conditions de vie, qui sont occultées par le questionnaire de l’enquête SUMER, pourraient jouer un rôle de fragilisation de leur santé mentale.

Contient :
83 pages
Langue :
français
Notes :
bibliographie, annexes

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