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Vignette document Santé et travail : enjeux et actions. Les affections psychiques liées au travail : éclairage sur la prise en charge actuelle par l'Assurance Maladie - Risques professionnels

Santé et travail : enjeux et actions. Les affections psychiques liées au travail : éclairage sur la prise en charge actuelle par l'Assurance Maladie - Risques professionnels

Rapport
L'Assurance maladie - Risques professionnels
01/2018
Contient : 20 pages

Un traumatisme psychologique, un choc psychologique, ou une dépression nerveuse soudaine peuvent être reconnus comme accident du travail (AT). En 2016, plus de 10 000 affections psychiques ont été reconnues comme AT, contre 200 en 2012. Elles représentent 1,6% du total des accidents du travail (contre 1% en 2015), pour un coût estimé à 175 millions d’euros, selon cette étude. Le médico-social, le transport de personnes et le commerce de détail sont les secteurs les plus touchés. Ces trois domaines d’activité représentent, à eux seuls, près de la moitié des affections psychiques liées au travail reconnues en 2016. Ils ont pour caractéristique commune le contact quotidien avec le public dans des contextes parfois difficiles. Par ailleurs, cette étude met en évidence le fait que les victimes d’affections psychiques en lien avec le travail sont, en 2016, majoritairement des femmes (près de 60% des cas) âgées de 40 ans en moyenne et relevant de la catégorie des employés.

L’étude note également une montée en puissance des affections psychiques comme maladies professionnelles. Même si elles ne sont pas inscrites au tableau des maladies professionnelles, la caisse primaire d’assurance maladie peut reconnaître le caractère professionnel d’une maladie sur expertise individuelle. Ainsi, en 2016, 55% des dossiers transmis aux comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles ont été reconnus d’origine professionnelle, pour un coût de 40 millions d’euros. Le nombre de demandes de reconnaissance de maladies psychiques a ainsi été multiplié par plus de cinq en cinq ans, passant de 200 demandes en 2012 à 1 100 en 2016. Au sein des affections psychiques reconnues comme maladie professionnelle, les dépressions sont les plus nombreuses à être prises en charge (460 cas), bien loin devant les troubles anxieux (68 cas) à égalité avec les états de stress post-traumatique (65 cas). Depuis 2016, pour aider à instruire ces dossiers, un psychiatre peut siéger au CRRMP afin de renforcer son expertise. Parmi les dossiers transmis aux CRRMP, environ la moitié est reconnue d’origine professionnelle quand ce taux n’est que de 20 % pour l’ensemble des autres pathologies.