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Vignette document Ne plus rogner sur la maintenance (dossier)

Ne plus rogner sur la maintenance (dossier)

Article
Santé & travail
07/2018
Contient : p. 25-40 ; numéro 103

Bien qu’essentielles au bon fonctionnement des entreprises, les activités de maintenance font office aujourd’hui de variable d’ajustement, avec des moyens réduits. Cette évolution vers une réduction des coûts de maintenance, dans une logique de rentabilité à court terme, génère de nombreuses contraintes pour les salariés. Elle accroît le nombre de pannes, de dysfonctionnements ou de problèmes de qualité, que les agents de maintenance vont devoir régler, souvent dans l’urgence et de façon coûteuse, parfois avec des prises de risques. Elle contribue à dégrader les conditions de travail des agents de production, confrontés du fait d’installation moins bien entretenues ou de bugs à répétition, à plus de rattrapage, notamment sur les chaînes, à des pertes de temps et parfois à des augmentation de la pénibilité.
La sous-traitance de la maintenance s’accompagne par ailleurs, de l’intervention de multiples entreprises et d’un morcellement de l’activité, parfois sur plusieurs sites. Des risques spécifiques peuvent être générés qu’il convient de prendre en compte dans l’évaluation des risques.
Dans certains secteurs, la maintenance fait l’objet de questionnements.
La qualité de services et la sécurité est pointée du doigt dans certains secteurs. A la SNCF, la maintenance des voies et des trains, gage d’efficacité pour la direction, est remise en cause par les cheminots.
Confinés dans des tâches de plus en plus restreintes, censés gérer les défaillances de produits de moins en moins bien finalisés, les techniciens de la maintenance informatique se sentent dépassés.
Les industries à risques que ce soit dans la chimie ou le nucléaire ont massivement externalisé les opérateurs de maintenance depuis 30 ans. Bien que leur intervention soit essentielle au bon fonctionnement des installations, ces salariés comme leurs conditions de travail, restent relativement invisibles.
Dans le BTP, la prévention des risques liés à la maintenance est censée être prise en charge dès la conception des installations, grâce au dossier d'intervention ultérieure sur l'ouvrage (DIUO). Ce dispositif est peu ou mal appliqué, voire ignoré.
Les pistes d’amélioration se situe entre autre au niveau la revalorisation économique de l’activité de maintenance pour mieux l’organiser.