Le 10/01/2026

CAMPS, Clément, ELMAS-ORGELET, Julie, EKCHAJZER, David, et al.. Quantification environnementale des effets directs et indirects du numérique pour des cas d'usage. Évolution du télétravail.  Ademe, 11/2025, 127 pages
Le télétravail a largement progressé en France au cours de la dernière décennie et plus de 18% des actifs français déclarent télétravailler au moins un jour par semaine. Les effets environnementaux du télétravail restent néanmoins complexes car ils sont largement dépendants de l’évolution du secteur des transports, du bâti résidentiel et tertiaire et des changements du monde du travail. En effet, le télétravail se substitue à des déplacements domicile-travail sans pour autant éviter tous les trajets nécessaires à la vie quotidienne, l’occupation supplémentaire à domicile implique une consommation supplémentaire dans le lieu d’habitation mais aussi une évolution des surfaces de travail. Les effets du télétravail sont nombreux et touchent presque tous les pans de la société et nécessitent d’être circonstanciés.
Dans le cadre de cette étude, trois aires d’attraction françaises type ont été définies afin de représenter une variété de cas dans le territoire français : 50 000 à 200 000 habitants, 200 000 à 700 000 habitants et 700 000 habitants et plus (hors Paris). Il n’était pas possible ici de définir un scénario de référence sans la solution étudiée, les solutions numériques pour le télétravail, car ce dernier est déjà largement répandu et ne peut pas être ignoré. Le scénario de référence présenté ici évalue les impacts environnementaux du télétravail dans chaque aire si cette pratique reste au même niveau que l’année 2023 et ce jusqu’à 2035. Deux scénarios supplémentaires permettent d’évaluer deux trajectoires du télétravail en France : sa massification et sa diminution.
Dans le scénario de référence, le télétravail présente un impact environnemental net bénéfique par rapport à un scénario contrefactuel fictif sans télétravail, sur les indicateurs GWP, PM et ADPf dans deux aires sur trois, et un impact négatif sur l’ADPe et le WU. La plus grande aire d’attraction présente l’impact environnemental net positif le plus important sur l’indicateur GWP. Toutefois, un rendement décroissant des gains environnementaux est observé entre 2023 et 2035 : plus le parc automobile s’électrifie moins les gains sont importants, même avec une amélioration de la performance énergétique des domiciles.
Le scénario de massification confirme que les gains environnementaux nets du télétravail s’accentuent sur les indicateurs GWP, ADPf et PM et inversement avec les indicateurs ADPe et WU. Logiquement, un scénario de diminution du télétravail fait augmenter les émissions de GES dans la période étudiée, tout en faisant réduire les impacts liés à l’ADPe et au WU.
Les gains moyens obtenus dans les aires d’attraction restent globalement positifs mais restent marginaux comparés aux objectifs de décarbonation des métropoles françaises : entre -0,4 et -1.3% des émissions annuelles en fonction des aires étudiées. Si le télétravail connaît a priori un rendement environnemental décroissant dans les années à venir, il peut accompagner pendant un temps des trajectoires structurantes de réduction des autres secteurs.
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