Imprimé le 19/08/2019


Comprendre la construction sociale de la représentativité syndicale? : un éclairage à partir des branches professionnelles
Travail et Emploi
02/2018
Contient : p. 101-124 ; numéro 154


NEGOCIATION COLLECTIVE, SYNDICAT, BRANCHE PROFESSIONNELLE, SOCIOLOGIE, DIALOGUE SOCIAL

Depuis l’institution de la «Mesure d’audience de la représentativité syndicale» (Mars) en 2008, les suffrages des salariés conditionnent la représentativité légale des syndicats et la validité des accords collectifs. Les résultats de la représentativité syndicale et leur construction, sur le plan national interprofessionnel, ont été beaucoup commentés, la victoire de la CFDT sur la CGT étant considérée comme un bouleversement profond du champ syndical. On s’est peu intéressé à la situation dans les branches professionnelles. Or une analyse à cette échelle apporte un éclairage original. D’une part, elle souligne la rupture entre le nouveau dispositif de quantification et les pratiques antérieures de recueil et d’analyse des données des élections professionnelles. C’est en effet au niveau des branches que la spécificité des résultats issus de Mars, qui agrège des données électorales hétérogènes, est la plus visible. D’autre part, l’analyse donne à voir un paysage syndical plus complexe que celui qui ressort de la mesure d’audience interprofessionnelle. Le pluralisme est bien plus riche dans les branches, même si les résultats confirment la suprématie du couple CGT-CFDT, sans que la CFDT ne se détache véritablement de sa rivale.