Imprimé le 22/09/2019


Evaluation du suivi post-exposition amiante de techniciens en télécommunications
Archives des maladies professionnelles et de l'environnement
06/2019
Contient : p. 210-221 ; volume 80, numéro 3


AMIANTE, TELECOMMUNICATION, EXPOSITION A UN RISQUE

Objectifs

Nous avons cherché à évaluer les avantages de la surveillance post-exposition à l’amiante après application des directives de la Haute Autorité de santé (HAS). Nous avons évalué le suivi et les résultats des scanners thoraciques (CTscan) réalisés dans ce cadre pour une entreprise de télécommunications, ainsi que ces conséquences sur le nombre de déclarations en maladies professionnelles.
Méthode

Il s’agit d’une enquête rétrospective pour des salariés toujours en activité (ancienneté moyenne dans l’entreprise 35 ans) menée sur l’étude des dossiers médicaux entre janvier 2012 et décembre 2017. Un questionnaire, rempli par le médecin ou l’infirmière, concernait tous les salariés pour lesquels une notion d’exposition à l’amiante avait été tracée (exposition faible, intermédiaire ou forte au sens de la conférence de consensus). Étaient notamment recherchées la réalisation de scanners thoraciques et l’orientation en consultation de pathologie professionnelle, ainsi que l’analyse des résultats.
Résultats

Deux-mille questionnaires ont été complétés, on compte 749 résultats de scanners : 97 % pour des salariés ayant été exposés de façon intermédiaire et 3 % en exposition forte. Dans le cadre du suivi, il y a 50 % de scanners directement prescrits par le médecin du travail dont 18 % n’ont pas été réalisés soit par refus du salarié, soit ultérieurement programmé. La moitié d’entre eux a été orientée directement en consultation de pathologie professionnelle dont 22 % sans retour de scanner (refus du salarié ou estimation d’exposition jugée trop faible par le spécialiste). Sur les 749 scanners réalisés : 33 % présentaient des résultats anormaux ; 4,2 % montraient des anomalies pleurales (en particulier 2,6 % épaississement/plaques) ; 27 % montraient des anomalies parenchymateuses (essentiellement des nodules pour 16 %, 5,5 % d’emphysèmes et 0,4 % de carcinomes bronchopulmonaires) et 1,3 % montraient des images interstitielles. Une déclaration de maladie professionnelle a été faite pour 30 % des salariés ayant présenté une anomalie scanographique pouvant être supposée due à l’exposition (plaque, image interstitielle, carcinome).
Discussion

Le suivi post-exposition tel que recommandé par la HAS est pertinent pour cette entreprise. Les résultats suggèrent qu’il existe une sous-déclaration en maladie professionnelle notamment pour les salariés fonctionnaires.