Imprimé le 05/07/2020


Un pouvoir implacable et doux : la tech ou l'efficacité pour seule valeur
Fayard
2020
Contient : 291 pages


ÉVOLUTION, INDUSTRIALISATION, MODERNISATION, ECONOMIE, NUMERIQUE

L’année 1969 fut l’apogée de la Révolution industrielle qui a permis à l’homme de marcher sur la Lune sans électronique, et l’an I de la Révolution numérique avec l’apparition des premières puces. Un siècle de Révolution industrielle nous a apporté la prospérité et la démocratie, que nous apporte ce demi-siècle de Révolution numérique ?
Grâce à ses technologies - la Tech -, nos objets quotidiens sont devenus magiques : les smartphones nous donnent accès à tout et à tous, et Internet est un moyen d’échange sans limites, promesse d’une démocratie achevée.
Tout cela est un trompe l’oeil. La Révolution industrielle a enrichi toute la population de nos pays et entamé le développement des autres. La Tech crée une économie radicalement inégalitaire pour les personnes, les entreprises et les États. Elle mine nos classes moyennes dont les revenus du travail stagnent depuis quinze ans et, de son fait, les chances des pays pauvres de ne plus l’être ont baissé de moitié.
Passer d'une situation où les vainqueurs s’enrichissent plus que les autres à un monde où les autres ne s’enrichissent plus du tout est un changement de nature, pas de degré. La vraie menace de la Tech n’est pas économique mais politique.
Sa puissance inégalitaire met fin au pacte moral de la Révolution industrielle qui promettait l’amélioration de la vie pour tous. Dans le monde entier, le sujet n’est plus la démocratie mais l’efficacité des gouvernants, devenue le seul critère de jugement des citoyens.
Sa puissance technique est pour les États une tentation de contrôle irrésistible. Les dirigeants y cèdent dans un développement sans fin de la surveillance de nos vies. Pour notre bien. La Tech serait-elle le despote « puissant et doux » par lequel Tocqueville voyait disparaître la démocratie ?