Gender Equality Index 2025: Sharper data for a changing world.
European institute for gender equality, 12/2025, 178 pages
Malgré les progrès réalisés en Europe, la véritable égalité femmes/hommes ne sera pas atteinte avant au moins 50 ans, selon l'Indice d'égalité de genre 2025 de l'EIGE, qui introduit de nouveaux indicateurs et un rythme de changement renouvelé. L'Indice continue de suivre six dimensions clés qui définissent notre quotidien : le travail, les revenus, le savoir, le temps, le pouvoir et la santé. Il conserve également deux domaines essentiels et transversaux : la violence et les inégalités croisées.
La France se classe en deuxième position de cet index, avec un score de 73,4/100, soit 10 points de plus que la moyenne européenne. Ce classement est en grande partie dû aux bonnes performances dans la catégorie "pouvoir" (72,5/100, contre 40,5 pour l’UE), qui évalue la présence de femmes à des postes de haute responsabilité, que ce soit en politique, dans l’économie ou à la tête de grandes organisations sportives. De plus, la France y a enregistré +29,7 points depuis 2015.
Dans la catégorie "travail", la France se classe en onzième place en dépit d’une nette amélioration (72,8/100, + 6,9 depuis 2015 ; pour une moyenne de l’UE à 69,3/100). En France, seules 19,3 % des spécialistes des « technologies de l’information et de la communication (TIC) » sont des femmes. Aux postes de « managers », la proportion est de 40 % dans les entreprises tricolores, contre 35 % à l’échelle de l’UE. Plus inquiétant, les femmes sont largement surreprésentées dans les emplois les plus mal payés, que 28,7 % d’entre elles occupent en France contre 18,2 % pour les hommes.
La France obtient seulement la 15ᵉ place (78,1/100) dans la catégorie « argent », qui calcule les inégalités de revenus au sein du couple et à l’échelle de l’économie. Le rapport pointe des « croyances patriarcales enracinées » dans la société, « dépeignant typiquement l’homme comme plus compétent financièrement (…) ». De fait, en France, 31 % des femmes et 37 % des hommes pensent toujours « que le rôle le plus important pour un homme est de gagner de l’argent ».
Dans la catégorie « temps », la France décroche la 9ᵉ place (67,6/100) avec, au global, aucun progrès enregistré depuis 2015. Cette catégorie évalue la répartition des heures consacrées aux enfants, à des proches âgés, handicapés ou malades, à la réalisation des tâches ménagères ou, a contrario, aux loisirs.
Enfin, la France n’a pas été évaluée dans la catégorie « violence », où les données suffisantes font défaut pour mener des comparaisons solides. Le rapport note néanmoins qu’en France, « 35 % des femmes ont subi des violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans ». Un chiffre de quatre points supérieur à la moyenne des 27 pays de l’UE (31 %).
https://eige.europa.eu/publications-resources/publications/gender-equality-index-2025-sharper-data-changing-world