CHELLAPPA, Sarah, GAO, Lei, QIAN, Jingyi, et al.. Daytime eating during simulated night work mitigates changes in cardiovascular risk factors: secondary analyses of a randomized controlled trial.
Nature Communications n° 16, 04/2025, p. 3186
Des contre-mesures efficaces contre les effets cardiovasculaires indésirables du déphasage circadien, tels que les effets du travail de nuit ou du décalage horaire, restent à établir chez l'humain. Nous cherchons ici à déterminer si le fait de manger uniquement pendant la journée peut atténuer ces effets indésirables par rapport à une alimentation de jour et de nuit (typique des travailleurs de nuit) dans le cadre d'un travail de nuit simulé (analyse secondaire de NCT02291952). Cet essai en simple aveugle à bras parallèles a randomisé 20 participants en bonne santé (travailleurs non postés) pour un travail de nuit simulé avec repas pris de jour et de nuit (groupe témoin avec repas de nuit) ou uniquement pendant la journée (groupe d'intervention avec repas de jour). Les critères d'évaluation principaux étaient le pNN50 (pourcentage d'intervalles de battements cardiaques consécutifs > 50 ms), la moyenne quadratique moyenne des différences de battements cardiaques successifs (RMSSD) et la fréquence cardiaque basse/haute (BF/HF). Le critère d'évaluation secondaire était la concentration sanguine d'inhibiteur de l'activateur du plasminogène du facteur prothrombotique-1 (PAI-1). Français Ces mesures ont été évaluées dans des conditions de routine constante, avant (de base) et après (après désalignement) un travail de nuit simulé. L'intervention sur le moment des repas a modifié de manière significative l'impact du travail de nuit simulé sur la modulation vagale cardiaque et le PAI-1 ( p FDR = 0,001). Dans le groupe témoin, la routine constante après désalignement a montré une diminution du p NN50 de 25,7 % ( p FDR = 0,008) et du RMMSD de 14,3 % ( p FDR = 0,02), et une augmentation du LF/HF de 5,5 % ( p FDR = 0,04) et du PAI-1 de 23,9 % ( p FDR = 0,04), par rapport à la routine constante de base. Dans le groupe d'intervention, il n'y a pas eu de changements significatifs dans ces résultats. Concernant les résultats exploratoires, l'intervention a significativement modifié l'impact du travail de nuit simulé sur la tension artérielle ( p < 0,05), sans changement significatif dans le groupe témoin, et avec une réduction significative de 6 à 8 % ( p < 0,01) dans le groupe d'intervention ; sans effet significatif sur la fréquence cardiaque ou le cortisol. Ces résultats indiquent que l'alimentation diurne, malgré un sommeil mal programmé, peut atténuer les changements des facteurs de risque cardiovasculaire et offrent des données probantes translationnelles pour l'élaboration d'une stratégie comportementale visant à minimiser les changements négatifs des facteurs de risque cardiovasculaire chez les personnes exposées à un décalage circadien, comme les travailleurs postés.
https://www.nature.com/articles/s41467-025-57846-y