Saigneurs

Durant douze mois, les réalisateurs Raphaël Girardot et Vincent Gaulier ont filmé des ouvriers travaillant dans l’abattoir industriel de Vitré situé en Ile-et-Vilaine.

Dans un bruit assourdissant, une chaleur accablante et l’odeur du sang, des hommes et des femmes étourdissent, saignent, dépouillent et débitent chaque jour, à une cadence infernale, environ 600 bovins et 1200 agneaux avec une pause de neuf minutes toutes les trois heures. Devant cette réalité, il est illusoire d’essayer de penser aux bêtes, la souffrance des hommes crie plus fort.
Les ouvriers parlent de leurs conditions de travail pénibles, de leur honte de parler du métier, de leur salaire misérable, de leur "compassion pour l’animal. "Il faut bien travailler".
Dans un décor de carcasses alignées, ces salariés au casque blanc et à la blouse ensanglantée expliquent leurs gestes accomplis avec précision, scies et couteaux aiguisés à la main. Les accidents du travail sont nombreux, les corps fatigués avant l’heure. "Quand on voit partir des hommes à la retraite à 60 ans, ils ont déjà été opérés deux ou trois fois avec des arrêts maladie de plus d’un an".

Saigneurs montre sans détour ni sensationnalisme un monde rendu invisible, celui des abattoirs et des ouvriers qui y travaillent.

La référence bibliographique