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Vignette document Quelle vulnérabilité des travailleurs européens face aux conditions de travail dégradées ?

Quelle vulnérabilité des travailleurs européens face aux conditions de travail dégradées ?

Article
Contient : 4 pages ; numéro 138

Les mutations organisationnelles et technologiques engendrent des risques de dégradation des conditions de travail susceptibles d’affecter le bien-être et la santé des travailleurs. Le projet InGRID, financé dans le cadre du programme européen Horizon 2020 pour la recherche et l’innovation, développe de nouvelles méthodes pour mieux identifier les travailleurs qui font face à ces risques.

Dans cette analyse, les auteurs envisagent la vulnérabilité des travailleurs d’un point de vue statistique et multidimensionnel pour rendre compte des aspects du travail qui peuvent se muer en risques menaçant le bien-être des travailleurs. Cinq dimensions relatives à l’environnement physique du travail, à son organisation ou à son contenu sont considérées pour créer un indicateur synthétique de cumul de conditions de travail défavorables. Sur la base de cet indicateur, une évaluation statistique de la vulnérabilité liée au risque de conditions de travail dégradées est proposée. Plus précisément, le risque de conditions de travail dégradées désigne le cumul de ces conditions au-delà d’un seuil relatif, marquant une limite de tolérance. La vulnérabilité est alors définie par rapport à ce risque et elle est mesurée par la probabilité que ce dernier se matérialise pour un individu.

À partir de données recueillies entre 1995 et 2015 issues des enquêtes européennes sur les conditions de travail pour les quinze pays fondateurs de l’Union européenne, cette publication dresse le portrait des travailleurs les plus vulnérables au cumul de conditions de travail dégradées et illustre les différences entre pays européens. Si, dans l’ensemble, ces pays se caractérisent par des niveaux de vulnérabilité stables, certains, dont la France et la Belgique, observent une hausse constante de la vulnérabilité. De plus, les CDD, le travail indépendant et les petites entreprises (1 à 9 salariés) sont associés à une plus grande vulnérabilité des travailleurs.