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Les hommes et les machines. La conscience collective dans les société technicisées

Livre
EDITIONS METAILIE (Editeur)
1995
Contient : 384 pages

Le but de cet ouvrage est d'étudier, à travers une observation détaillée de la condition des opérateurs (le terme est ici à entendre au sens large comme "personnes chargées quotidiennement de faire fonctionner les réseaux techniques, quelle que soit leur position hierarchique : ingénieurs, agents de maîtrise, chefs d'équipe, ouvriers de maintenance, régleurs etc.) les liens crées entre les humains par le fonctionnement des réseaux techniques.
N. Dodier prend appui sur une enquête de terrain dans une entreprise industrielle acquise aux modes d'organisation flexibles du travail. Il nous livre une observation extrèmement précise de l'activité des personnes engagées dans le fonctionnement des techniques et des réseaux techniques.
L'interrogation de Durkheim sur "les formes de solidarité, dans un contexte de prolifération d'objets techniques capables d'associer, à travers la planète, les humains selon des trames autonomes" est reprise dans un premier temps. C'est à cette occasion que l'auteur développe une théorie générale de la solidarité technique.
Dans un deuxième temps, on nous montre les effets sociologiques concrets des nouvelles formes d'organisation de l'activité technique, désormais connues sous le qualificatif de distribuées ou de flexibles (par opposition au modèle planifié taylorien). L'observation et l'analyse des méthodes de traitement des incidents liés aux organisations flexibles conduit l'auteur à proposer une approche nouvelle de la responsabilité. Au delà des compétences cognitives d'adaptation fonctionnelle aux évènements engagées par les opérateurs vis à vis du fonctionnement des techniques, N. Dodier insiste sur l'interférence de l'activité technique avec des préoccupations morales. Cette trame morale apparaît concrètement lorsque l'on suit de près la manière dont les opérateurs agissent, au contact avec des machines, en relation avec autrui. La méthode d'analyse s'inspire des développements récents de la pragmatique sociologique, et l'auteur privilégie trois ordres d'interrogations, qui jouent un rôle important dans la condition sociologique des opérateurs : la question de la responsabilité (qui surgit dès qu'un incident intervient), la question du traitement des objets (et notamment la notion de respect appliquée à des objets), et enfin la question de la reconnaissance de soi, de ses compétences personnelles, par autrui. Reste une question sociologique majeure pour nos sociétés technicisées : à quelles conditions le fonctionnement des techniques reste compatible avec les exigences d'une vie en société ?.

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