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Vignette document Les  individus font-ils bon ménage ? (dossier)

Les individus font-ils bon ménage ? (dossier)

Article
Travail, genre et sociétés
11/2011
Contient : pp. 19- 104

Ce dossier s'intéresse à la fonction du ménage, unité élémentaire de la statistique publique, comme creuset des liens sociaux où se jouent les rôle sexués, les représentations des femmes et des hommes. Quatre contributions apportent un éclairage au prisme de la démographie, de la socio-histoire de la statistique et de l'économie.
Les catégories statistiques participent à leur manière aux représentations sociales. Suivre leur évolution est une façon d’observer les mutations d’une société. À travers l'évolution des notions de ménage et d’individu, T. Amossé et G. de Peretti distinguent trois temps de la place qu’a accordée la statistique aux catégories de sexe. De l’après-guerre aux années 1970, les femmes y apparaissent peu visibles, assignées à leur rôle de mère et à leur fonction reproductrice. Au tournant des années 1970, la statistique se centre peu à peu sur les individus et dévoile des inégalités entre les hommes et les femmes qu’il faut réduire. Plus récemment, la question de la place des individus au sein des ménages et de l’articulation des rôles des hommes et des femmes s’impose en sociologie et en économie. Il ne s’agit plus seulement de révéler des inégalités, qui persistent d’ailleurs dans certains domaines, mais de comprendre comment se construisent les différences au sein même des couples.
L. Toulemon analyse, d'un point de vue démographique, l'évolution des ménages. Il rend compte du déclin, depuis quarante ans, des cellules familiales classiques, composées de deux parents, de leur(s) enfant(s). Apparaissent des ménages réduits à une personne et des familles mono-parentales ou recomposées. Les types de ménages se sont diversifiés et fluctuent en fonction des gardes alternées ou de contraintes professionnelles. Dans cette évolution, les femmes apparaissent comme le point fixe des ménages.
O. Donni et S. Ponthieux examinent en détail la manière dont la conceptualisation du ménage a évolué dans la théorie économique du standard : de l'approche unitaire, qui pose le ménage comme un individu, à l'approche collective, dans laquelle il se compose d'individus distincts entre lesquels il y a des rapports de pouvoir et des négociation.
D. Meulders et S. O'Dorchai mettent en évidence les conséquences de conventions statistiques qui se réfèrent toujours au ménage pour examiner les situations individuelles relatives à la distribution des revenus et à la pauvreté. Elles montrent les biais entraînés sur les résultats obtenus. Ces hypothèses conduisent à sous-estimer, voire à cacher, les risques de pauvreté des femmes. Ces conséquences sont illustrées à travers trois exemples de "mauvais calculs", qui témoignent d’un aveuglement par rapport à la situation spécifique des femmes. Le premier porte sur l’estimation du risque de pauvreté et montre la variabilité des estimations selon que l’on prend en compte le revenu du ménage ou les revenus individuels. Le deuxième est relatif aux effets d’une rupture sur les revenus des membres du ménage, et montre que les résultats des calculs traditionnels sous-estiment la capacité des femmes à vivre seules. Le dernier s’intéresse aux travailleurs pauvres, souvent des hommes dans l’approche traditionnelle, alors que la situation des femmes sur le marché du travail reste plus précaire.

Contient :
pp. 19- 104
Langue :
français
Notes :
Date de parution : 2011-11-01

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