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Vignette document Ce que le suivi des 15-20h d'activité fait au travail des conseillères d'insertion. Le CEJ à France Travail et en Mission locale

Ce que le suivi des 15-20h d'activité fait au travail des conseillères d'insertion. Le CEJ à France Travail et en Mission locale

Article
Contient : 4 pages ; n°218

À partir d'une enquête de terrain, ce numéro interroge ce que le suivi du dispositif Contrat d'engagement jeune (CEJ) fait au travail des conseillères en mission locale et France Travail. Alors que le dispositif propose "un accompagnement individuel et intensif" auprès des jeunes travailleurs précaires, il constitue en grande partie une surcharge de travail administratif. L’origine de celle-ci se trouve dans l’attention portée par les responsables d’agence France Travail et des missions locales sur les objectifs chiffrés fixés en amont et notamment sur le nombre d’entrées annuel au sein du dispositif. La volonté d’atteindre ces objectifs les pousse à orienter l’activité de leurs conseillères à cette fin. Selon les configurations institutionnelles et leurs diverses trajectoires, celles-ci vivent plus ou moins bien cette pression. Elles vont de même pouvoir organiser leur temps, malgré la surcharge du reporting, afin de suivre les jeunes avec des temporalités différentes par rapport à celle du dispositif. Néanmoins, ce suivi se fonde principalement sur une relation de confiance établie avec les jeunes, qui s’avère être socialement inégalitaire. En somme, il apparaît que le temps de travail dédié au volet administratif du CEJ contraint l’activité des conseillères qui, de leur propre aveu, souhaiteraient pouvoir le consacrer à un travail de suivi approfondi auprès des jeunes.