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Vignette document Diversité des pratiques et rôle de l’ergonome dans l’intervention (dossier)

Diversité des pratiques et rôle de l’ergonome dans l’intervention (dossier)

Article
Activités
2018
Contient : volume 18, numéro 2

Il existe une pluralité de modes d’investigation dans les domaines d’intervention qui se renouvellent ou se diversifient, selon la nature de la demande et la temporalité de la démarche engagée?; comme c’est le cas dans le monde du conseil ou au sein des entreprises. Cette diversité dépend également du champ d’expertise des ergonomes, de leur positionnement et/ou du contexte organisationnel dans lequel les études sont conduites. Les 5?articles qui composent ce numéro spécial représentent une partie de cette multiplicité des pratiques ergonomiques qui s’identifient autour d’un objet d’étude et du rôle singulier de l’ergonome en contexte. En cela, ils restituent différents protocoles d’intervention ou de recherche-action exploitant des méthodes qui sont discutées au regard des situations spécifiques et des résultats soutenus.
Le premier article produit par Valérie Albert, Nicole Vézina, Henriette Bilodeau et Fabien Coutarel s’intéresse à la question de l’évaluation de l’intervention. En l’occurrence, les chercheurs se proposent d’identifier des indicateurs de contexte ayant influencé quatre interventions issues du courant de l’ergonomie de l’activité dans le cadre de prévention des Troubles Muscul-Squelettiques, réalisées par des ergonomes en formation. L’article relate une étude interdisciplinaire consistant à évaluer les étapes de l’intervention précédant l’implantation des changements, soit de l’analyse de la demande jusqu’au moment où le plan d’action est convenu avec les acteurs-clés?; en repérant notamment les leviers et obstacles au déroulement des opérations.
Dans le second article, Élodie Ciccone, Lucie Cuvelier, Françoise Decortis et Anne Bationo-Tillon développent des réflexions sur le rôle de l’ergonome dans le cadre d’une intervention-formation relative à la prévention de la pénibilité et des Troubles Musculo-Squelettiques menée comme une conduite de projet au sein d’un abattoir de canards. L’article montre notamment que la mobilisation des acteurs et la transformation des représentations/perceptions sur le travail et la santé participent à l’augmentation du pouvoir d’agir des acteurs en matière de prévention durable.
Irène Cottin et Gérard Valléry rendent compte, dans le troisième article, d’une recherche-action conduite en milieu hospitalier dans un contexte de conception organisationnelle de situations de travail présentant un risque biologique. L’enjeu est alors de concilier la prévention des risques professionnels (physiques et psychiques) et l’efficacité du travail pour contribuer au développement de la santé au travail. Par des apports croisés en psychologie du travail et ergonomie, les résultats montrent les bénéfices de l’analyse de l’activité enrichie de l’étude des représentations individuelles et collectives du risque pour la co-conception de situations de travail et leur amélioration continue.
L’article de Céline Uguen, Sandra Sablon et Gabriel Carballeda fait la démonstration d’une action concrète d’amélioration des conditions de travail par l’intégration d’une préparation physique développée dans le cadre d’une démarche d’intervention ergonomique. L’article présente un cas d’étude proposant la préparation physiologique des ouvriers comme levier de prévention des Troubles Musculo-Squelettiques dans le secteur agroalimentaire. Il est souligné, notamment, que la mise en oeuvre d’échauffements au sein d’une entreprise nécessite d’une part de disposer de compétences tant ergonomiques que sur la préparation physiologique, mais aussi d’autre part que leur intégration requiert une construction sociale spécifique de l’intervention.
Enfin, l’article de Sandrine Nahon, Célia Queriaud, Cécile Mege Piney, Isabelle Thibault est un retour d’expériences d’une activité significative de conseil. Cet article éclaire la thématique du congrès de Marseille en présentant des indices pour l’évaluation de la dimension préventive de l’intervention dans le champ de la santé au travail. Ainsi, à partir de ces expériences pluridisciplinaires en ergonomie, psychodynamique, psychologie du travail et gestion, illustrées par une étude empirique dans le secteur du transport, ces indices sont discutés sur deux plans d’impacts sur l’organisation. Les premiers effets portent sur l’évolution du fonctionnement de l’organisation, ils sont immédiatement visibles et tout au long de l’intervention. Les seconds apparaissent sur un plus long terme, notamment lorsqu’ils impactent la santé, et sont (du fait de leur nature hypothétique) plus difficilement visibles et évaluables.