Mélancolie ouvrière
Publié le Samedi 14 novembre 2020Lucie Baud commence à travailler à 10 ans dans une filature de soie. A la mort de son mari en 1902, Lucie Baud, qui a alors 32 ans, doit quitter le logement de fonction où elle vivait avec ses deux filles. Elle s’engage dans le syndicalisme et fonde le syndicat des ouvriers et ouvrières de la soie du canton de Vizille en Isère. Sa rencontre avec Charles Auda , syndicaliste d’origine italienne qui l’aide à organiser un mouvement de grève dans les filatures de Vizille , est déterminante. La grève déclenchée en mars 1904 à l’usine Duplan pour protester contre l’augmentation des cadences et la baisse des salaires dure 104 jours.
Figure de ce conflit social, Lucie Baud est déléguée en août 1904 au 6e congrès national des ouvriers de l’industrie textile, à Reims. Invitée à la tribune pour lire un message au nom des ouvrières de Vizille est rapidement coupée et reléguée en bout de table. Ce sont les hommes, comme Émile Morel qui s’expriment. Lucie assiste en spectatrice aux querelles qui opposent les syndicalistes qui souhaitent une collaboration étroite avec les socialistes et les anarchistes, emmenés par Charles Auda. Ces débats qui divisent alors la CGT aboutissent deux ans plus tard à l’adoption de la Charte d’Amiens en 1906.
De retour dans sa région, Lucie Baud, qui avait été licenciée après l’échec de la grève de Vizille, est embauchée dans une filature de Voiron. En 1906, une nouvelle grève éclate contre les diminutions de salaires. Un comité de grève est mis en place avec des cantines populaires. Lucie Baud et Charles Auda se rendent à l’usine de la Patinière, près de Voiron, pour mobiliser les ouvrières italiennes dont les conditions de vie et de travail sont misérables et déplorables.
La grève des filatures de la région de Voiron se termine début juin 1906, après plus de deux mois de conflit. Le patronat du textile doit concéder un barème pour unifier les prix. Toute entière investie dans le militantisme syndical, Lucie Baud, qui n’a plus de travail, néglige ses deux filles. Le film s’achève sur sa tentative de suicide, en septembre 1906. Lucie Baud survit, mais la balle de revolver lui laisse la mâchoire fracassée. Par la suite, elle quitte Voiron et meurt en 1913 dans l’oubli.
Cette fiction retraçant le destin de Lucie est l’adaptation cinématographique de l’essai de Michelle Perrot, historienne du travail et des femmes.
Ressources

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